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Fiches et dossiers pédagogiques : Un film, un cours (73 articles)

Nos patriotes : le site pédagogique

Nos Patriotes

Qui connaît le rôle qu’ont joué les tirailleurs sénégalais, démobilisés après la défaite de quarante et entrés en clandestinité, dans la lutte contre l’occupant nazi ? Dans son film Nos Patriotes (au cinéma le 14 juin), Gabriel Le Bomin (l’auteur des Fragments d’Antonin, très beau premier film sur les séquelles des poilus) rend hommage à l’un d’eux, Addi Bâ, jeune franco-guinéen qui sera un membre-fondateur d'un des premiers réseaux de Résistance. Arrêté par les Allemand, il sera exécuté en 43 à Épinal. Mais il faudra attendre 2003 pour que lui soit enfin décernée, à titre posthume, la médaille de la Résistance. Film-hommage ne dédaignant pas le romanesque, Nos Patriotes n’en est pas moins une plongée historique rigoureuse dans les premiers temps de la Résistance, ses contradictions et ses vicissitudes.
Comme le fait remarquer l’historien Olivier Wieviorka, grand spécialiste de la période, "Nos Patriotes récuse tout manichéisme, en dévoilant la complexité des choix qui se posaient aux individus. Fallait-il, suivant les communistes, tuer des soldats allemands au risque de sanglantes représailles ? Exécuter des hommes qui, en fuyant la rude vie du maquis, risquaient de le trahir ? Attendre les ordres pour agir ou passer aussitôt à l’action ? La réponse à ces questions essentielles n’était en rien évidente, d’autant que les préjugés aveuglaient parfois les rebelles. Les résistants étaient des hommes, non des saints, que les a priori racistes, sexistes ou xénophobes n’épargnaient pas. Gabriel Le Bomin illustre, avec un souci aigu de la nuance, ces réalités contrastées, en proposant une lecture incarnée des grands enjeux que les combattants de l’ombre durent affonter en ces temps d’airain."

Zérodeconduite propose un dossier pédagogique d'accompagnement du film, proposant notamment un entretien avec la chercheuse Cécile Vast, et deux activités centrées sur l'Occupation et la Résistance, et destinées aux classes de Troisième. Le film s'inscrit en outre de manière très pertinente dans le cadre du thème 2018 du Concours National de la Résistance et de la Déportation : "S'engager pour libérer la France."

Nos Patriotes de Gabriel Le Bomin, Au cinéma le 14 juin

Le site pédagogique du film

Posté dans Fiches et dossiers pédagogiques par le 09.06.17 à 17:19 - Réagir

La Jeune fille et son aigle : le site pédagogique

La jeune fille et son aigle

Une jeune fille, debout sur un éperon rocheux, accueille sur son bras tendu un aigle immense, ailes déployées et griffes dehors. Cette photo, qui sert d’affiche à La Jeune Fille et son aigle, est en elle-même déjà spectaculaire. Mais ce n’est rien à côté de l’histoire sur laquelle elle lève le voile. Depuis toute petite, Aisholpan est fascinée par les aigles que dresse son père. Mais la tradition kazakhe n’autorise pas les femmes à devenir dresseuses d’aigles – un privilège réservé aux garçons. Des coutumes archaïques dont l’adolescente ne fait que peu de cas, décidée à prouver qu’elle et son aigle chassent aussi bien – si ce n’est mieux – que les hommes.

L’histoire que raconte le réalisateur britannique Otto Bell se déroule dans une région particulièrement reculée : les montagnes de l’Altaï, territoire aride situé à l’extrême ouest de la Mongolie. Mais c’est à chacun et chacune d’entre nous que s’adresse ce documentaire, à commencer par les adolescent(e)s, à qui il ne faut cesser de répéter que les conventions de genre, aussi millénaires qu’elles soient, n'ont rien de naturelles et doivent être remises en cause. L’identification des jeunes filles (et des garçons !) à Aisholpan, l'héroïne du film, sera d’autant plus facile que le film se distingue par une réalisation très énergique, qui fait de certaines scènes de véritables morceaux de bravoure (les scènes de chasse à l’aigle sont à couper le souffle). Les séquences plus calmes sont, quant à elles, accompagnées par une voix-off qui apporte des éléments de contexte et permet d’en démeêler les enjeux. Adapté au grand public, La Jeune Fille et son aigle pourra ainsi être présenté aux élèves dès le Cycle 3.

Zérodeconduite a mis en ligne un dossier pédagogique avec des activités pour étudier le film en classe. Il s’adresse en particulier aux professeurs de Français et d’Histoire-Géographie-EMC, qui pourront, à partir du film, lancer le débat sur les stéréotypes et les discriminations de genre. Les professeurs de Français pourront également mobiliser La Jeune Fille et son aigle dans une séquence sur le récit d’aventures, tandis que les enseignants en Géographie pourront étudier avec leurs élèves les singularités géographiques de la Mongolie et la vie quotidienne des populations nomades. Rédigées par des enseignants de Collège, ces activités sont aisément adaptables au Cycle 3 de l’école Primaire.

La Jeune fille et son aigle d'Otto Bell, au cinéma le 14 avril
Le dossier pédagogique

Posté dans Fiches et dossiers pédagogiques par le 05.04.17 à 15:31 - Réagir

La Princesse de Montpensier au programme des TL

La Princesse de Montpensier

Une femme au programme du bac ! On n’aura sans doute jamais parlé autant du Programme de Littérature en classe Terminale que cette année, à la faveur de cette petite révolution symbolique : une auteure femme inscrite pour la première fois au programme de l’épreuve totémique du système scolaire français. Peu importe que cette épreuve ne concerne qu’une minorité des futurs bacheliers et bachelières, ceux inscrits en filière L : le symbole est d’autant plus fort qu’il répond à une mobilisation spontanée des enseignants et des élèves, dénonçant dans deux pétitions successives « l’excès de testostérone » des programmes officiels. La pétition initiée l'année dernière par Françoise Cahen, professeure de français au lycée d’Alfortville (Val-de-Marne), et adressée à la Ministre de l'Éducation Nationale, exprimait en ces termes le problème posé par cette hégémonie masculine : « Nous ne demandons pas la parité entre artistes hommes et femmes. Nous aimerions que les grandes écrivaines comme Marguerite Duras, Mme de Lafayette, Annie Ernaux, Marguerite Yourcenar, Nathalie Sarraute, Simone de Beauvoir, George Sand, Louise Labé... soient aussi régulièrement un objet d'étude pour nos élèves. À un type de classe composé en majorité de filles et des profs de lettres qui sont majoritairement des femmes, quel message subliminal veut-on faire passer ? »

Ce sera donc Madame de La Fayette, avec sa nouvelle La Princesse de Montpensier, complétée par son adaptation cinématographique, réalisée par Bertrand Tavernier en 2010. Certains regretteront le choix de cette nouvelle peu connue en lieu et place du chef d’œuvre La Princesse de Clèves, d’autres noteront la domination sans partage du genre narratif (l’autre œuvre au programme en 2018 étant le roman Les Faux Monnayeurs d’André Gide). Mais la nouvelle et le film ont de beaux arguments à faire valoir, aussi bien en termes d’histoire littéraire (premier récit publié, anonymement, par Mme de Lafayette, La Princesse de Montpensier passe pour l’une des premières nouvelles françaises), d’histoire tout court (un double regard sur les guerres de religion, à respectivement un et cinq siècles de distance) que de procédés littéraires et cinématographiques… autant d'axes évoqués par le Bulletin officiel, qui propose également une première bibliographie.

Comme pour les œuvres cinématographiques inscrites précédemment au programme du baccalauréat (Zazie dans le métro et Œdipe Roi), Zérodeconduite proposera le DVD avec ses droits et un substantiel dossier d’accompagnement pédagogique.
NB : Il existe déjà un dossier en ligne, publié en 2011. Pour les établissements ayant déjà acquis le DVD auprès de Zérodeconduite, il sera remplacé (même adresse et même code d'accès) par la version enrichie et réactualisée, mise en ligne le 1er septembre 2017.

Pour aller plus loin :
- Le DVD sur notre boutique en ligne
- Notre critique du film (Festival de Cannes 2010)
- Notre entretien avec Bertrand Tavernier

Posté dans Fiches et dossiers pédagogiques par le 23.03.17 à 16:22 - Réagir

1:54 : le site pédagogique

En France ils seraient, selon les estimations, 700 000 enfants et adolescents (écoliers, collégiens, lycéens) à être victimes de harcèlement scolaire chaque année. C’est dire le caractère massif d’un phénomène dont on a trop longtemps minimisé l’étendue et la gravité, avant que quelques faits divers tragiques ne poussent l'État à réagir vigoureusement. Ce phénomène n’est évidemment pas spécifique à la France, comme le montre le film 1:54 de Yan England, fiction qui a remporté un grand succès et créé un véritable débat de société au Canada.
En suivant le personnage de Tim, lycéen victime d’humiliations incessantes de la part de deux de ses camarades, sous le regard complice — au moins passivement — des autres élèves, Yan England parvient démonter l’engrenage qui conduira au drame. Harcèlement, cyberharcèlement, homophobie, conduites à risque, question du consentement : le film de Yan England a le mérite de mettre en scène une grande variété de situations auxquelles les élèves et les éducateurs ont à faire face. Sa grande force est de ne pas les passer en revue de manière didactique ou moraliste, mais au contraire de les nouer dans une fiction à la fois riche et haletante, dont le suspense culmine dans la scène de course qui donne son titre au film. Les adolescents ne manqueront pas de s’identifier à la figure de Tim, à la fois héros et victime, interprété avec intensité par le jeune Antoine-Olivier Pilon (découvert en ado rebelle dans Mommy de Xavier Dolan).

1:54 apparaît donc comme un support pédagogique riche de potentialités, dans le cadre des cours d’Enseignement Moral et Civique bien sûr, mais aussi à l’échelle de projets interdisciplinaires impliquant une ou plusieurs classes, autour de problématiques dont la gestion est essentielle au climat scolaire. C'est pourquoi Zérodeconduite lui consacre un dossier pédagogique, qui permettra d'aborder les questions du harcèlement (et du cyberharcèlement) et de l'homophobie

1:54 de Yan England, au cinéma le 15 mars
Le site pédagogique du film

Posté dans Fiches et dossiers pédagogiques par le 03.03.17 à 16:03 - Réagir

Les Figures de l'ombre : le site pédagogique

Les Figures de l'ombre

Elles étaient femmes, et noires, dans l'Amérique sexiste et ségrégationniste des années 60. Elles n'en ont pas moins pris part de manière décisive, au programme spatial américain, qui devait envoyer le premier américain dans l'espace, (les Soviétiques les ayant précédé avec Youri Gagarine), et, une décennie plus tard le premier homme sur la Lune. Avec ses allures de feel-good movie, rythmé par les chansons de Pharrell Williams, Les Figures de l'ombre pourrait passer pour une aimable fantaisie hollywoodienne : l'histoire de Katherine Johnson, Mary Vaughan et Dorothy Jackson, qui travaillèrent respectivement à la NASA comme mathématicienne, programmeuse et ingénieure, n'en est pas moins rigoureusement véridique, exhumée des archives de la NASA par l'auteure américaine Margot Lee Shetterly (dont le livre vient d'être traduit en français).
À l'image de son titre américain, dont la traduction française n'a pas pu retranscrire toute la polysémie ("Hidden figures" ce sont à la fois les "chiffres cachés", ces décimales que calculaient les mathématiciennes, et ces personnages restés dans l'ombre de l'Histoire), le film de Theodore Melfi est d'une grande richesse historique : histoire géopolitique avec le déplacement de la Guerre Froide sur le terrain spatial, histoire sociale et culturelle avec la longue marche des minorités et des femmes vers l'émancipation, histoire des sciences et techniques avec les débuts de la conquête spatiale et ceux de l'informatique (le film se situe au point de bascule entre calcul humain et calcul informatique, quand le mot "computer" a cessé de désigner des humains pour s'appliquer à des machines)…
C'est à ce titre que Zérodeconduite et Réseau Canopé soutiennent le film de Theodore Melfi, et lui ont consacré un site pédagogique en ligne. Accessible dès le cycle 4 du Collège (mais le film est tout à fait adapté aussi à un public de lycéens), Les Figures de l'ombre constitue donc un beau support pédagogique pour les enseignants : il permettra à la fois d’enrichir la culture historique et scientifique des élèves, de promouvoir des valeurs fondamentales (la rigueur scientifique, le goût de l’effort, la tolérance et la solidarité), et, last but not least, de démonter quelques préjugés déjà solidement ancrés dans les jeunes esprits (« les maths ça ne sert à rien », « les sciences ça n’est pas pour les filles », etc)...

Les Figures de l'ombre de Theodore Melfi, au cinéma le 8 mars
Le site pédagogique

Posté dans Fiches et dossiers pédagogiques par le 28.02.17 à 12:09 - Réagir

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