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Le Prix de la Jeunesse et les "60"

Cannes, c'est pas les vacances ! C'est ce que doivent se dire les "60" : soit le nombre de jeunes français et européens (de 18 à 25 ans) invités à suivre le Festival de Cannes à l'initiative du Ministère de la Jeunesse et des Sports. Leur programme, chargé, inclut en effet, le visionnage intensif des films des différentes sélections, des ateliers-rencontres matinaux avec des professionnels, et des exercices pratiques consistant à mettre en boîte chaque jour (tournage et montage dans la foulée) des petits sujets vidéo pour alimenter les deux sites du prix : l'officiel du ministère et celui de France 5, partenaire de l'opération. Prenant acte que le Festival est avant tout un lieu de rencontre pour les professionnels, l'accent a en effet été mis cette année sur l'insertion professionnelle des jeunes dans les différents métiers du cinéma ; les jeunes ont donc été choisis en fonction de leur motivation et de leur projet d'orientation.
Parmi ces 60, 7 jeunes ont été sélectionnés (cette fois à partir d'un exercice d'écriture) pour faire partie du jury du Prix de la Jeunesse qui remettra le titre du même nom, mais également un nouveau prix "Regards jeunes" attribué à une première ou deuxième œuvre choisie dans les sélections parallèles : Semaine de la Critique et Quinzaine des Réalisateurs. Quant à la "(Toute) Jeune Critique" il s'agit d'un jury franco-allemand (en partenariat avec l'OFAJ) qui décernera un prix à un long-métrage et un court-métrage de la Semaine de la critique.
Signalons enfin, sur un mode un peu moins élitiste, qu'en partenariat avec le réseau de la Ligue de l'Enseignement, la première semaine du Festival a accueilli des publics moins cinéphiles, recrutés dans des publics plus éloignés du monde du cinéma, ainsi dans les foyers de jeunes travailleurs.

[photo : atelier réalisation]

Posté par Zéro de conduite le 23.05.06 à 15:01 - Réagir

G?ographie du cin?ma ?

Il est tentant ? l’occasion d’un grand (sinon le plus grand) festival comme Cannes d’essayer de dresser un ?tat des lieux du cin?ma mondial. Mais que serait une g?ographie du cin?ma ?
Elle est ?videmment d’abord ?conomique, si l’on s’int?resse au cin?ma comme industrie : les statistiques de production et de fr?quentation (voir les ?tudes publi?es chaque ann?e par le Centre National de la Cin?matographie) donnent un bilan de sant? des diff?rentes cin?matographies, l’?tude des ?changes (achats et ventes) r?alis?s lors les diff?rents March?s du Film renseigne sur leur dynamisme respectif et leurs interactions. De ce point de vue, on constatera sans surprise la domination ?crasante de l’industrie hollywoodienne, qui se taille une part plus ou moins l?onine de la fr?quentation (avec les m?mes Harry Potter, Star Wars ou Da Vinci Code) dans la plupart des pays europ?ens, sud-am?ricains ou asiatiques, alors que les productions ?trang?res ont le plus grand mal ? exister sur les ?crans am?ricains (? peine 5% du march?).
La mondialisation cin?matographique, d’un point de vue ?conomique en tout cas, est ? sens unique. La seule exception est constitu?e par le sous-continent indien, dont l’industrie (qui produit plus de films ? l’ann?e que les Etats-Unis, dans plus d’une trentaine de langues), non contente d’?tre h?g?monique sur son sol, irrigue aussi le monde arabo-musulman…
On peut ?galement dresser une g?opolitique du cin?ma mondial, en ?tudiant la fa?on dont le cin?ma cristallise les rapports ?conomiques (cf les discussions des ann?es 90 sur l’exception culturelle), politiques (cf l’interdiction du cin?ma am?ricain en Iran ou en Cor?e du Nord) et culturels entre les ?tats ; ou en dressant un ? atlas de la libert? cin?matographique ? en classant les pays selon le degr? de libert? qu’ils octroient ? leurs cr?ateurs (voir ainsi cet article du blog d’Aur?lien Ferenczi sur la vie des cin?astes syriens).
La troisi?me approche possible, ? l’honneur au moment du festival, est celle d’une g?ographie cin?philique, sorte de bourse des valeurs hautement subjective index?e sur les engouements des s?lectionneurs, des critiques et, in fine, des spectateurs. C’est ainsi qu’on a pu parler d’une vogue des cin?ma iranien et asiatique (au sens large) ces derni?res ann?es, c’est ainsi que l’on annonce p?riodiquement le ? renouveau ? du cin?ma allemand ou italien. Cet article du Caf? G?ographique montre l’illusion d’optique que peuvent provoquer les s?lections festivali?res, o? l’arbre (Almodovar, Angelopoulos, Satyajit Ray pour l’Inde) cache souvent la for?t.
Quoi qu’il en soit, ces diff?rentes approches (?conomique, politique, artistique) entretiennent plus de rapports qu’on ne le croit : l’existence d’une ?conomie cin?matographique prosp?re est g?n?ralement li? ? l’instauration de barri?res protectionnistes (syst?me de quotas en Cor?e du Sud) et/ou de politiques de soutien nationales (le syst?me fran?ais depuis l’apr?s-guerre) ; l’existence d’une censure ?tatique (islamique en Iran, communiste en Chine) peut agir autant comme frein ? la cr?ativit? que comme stimulation d’une expression nationale ; enfin la plupart des ? auteurs ? des pays du tiers-monde (dont certains sortent de nos propres ?coles de cin?ma), b?n?ficient de financements occidentaux et notamment fran?ais, qui proc?dent d’une volont? diplomatique (le Fonds Sud en France, g?r? directement par le Minist?res des Affaires Etrang?res) de rayonnement culturel.
On peut se demander ainsi si la ? diversit? cin?matographique ? tant vant?e par le festival n’est pas une vue de l’esprit : les cin?mas dits alternatifs engendr?s par nos politiques europ?ennes de soutien sont-ils autre chose que la projection d’une pratique culturelle occidentale sur des traditions qui l’ignorent, et une fa?on renouvel?e de nourrir nos besoins d'exotisme ?

Posté par Zéro de conduite le 22.05.06 à 13:10 - 2 commentaires

Le cin?ma aux concours

Les programmes des concours de recrutement (agr?gation interne et externe, CAPES), parus au Bulletin Officiel d'avril, font une place diverse au cin?ma. Signalons tout d'abord une sorte de record chez les anglicistes : l'inscription d'une œuvre au programme (Agr?gation et CAPES) deux ans ? peine apr?s sa cr?ation. Il s'agit du film de Joe Wright, Orgueil et pr?jug?s, dont on avoue n'avoir pas estim? ? sa sortie qu'il m?ritait tant d'honneurs (Orgueil, pr?jug?s et plaisirs sucr?s). Il est vrai qu'il est accol? ? l'?tude du roman de Jane Austen, chef d'œuvre lui plus que bicentenaire, comme l'ann?e derni?re le film de Coppola l'avait ?t? au Dracula de Bram Stoker. En attendant l'abondante et s?rieuse litt?rature qui ne manquera pas d'?tre publi?e ? la rentr?e sur le sujet, les agr?gatifs pourront se faire les dents sur les ressources en ligne qu'on signalait ? l'?poque.
Les hispanistes quant ? eux ne sont pas en reste : ? l'agr?gation le jury a cr?? une cinqui?me question de civilisation portant sur "Cin?ma et r?volution ? Cuba (1959-2003)". "Il s ’agira d ’?tudier l ’?volution de cette production sur la p?riode consid?r?e et de voir comment quelques grands cin?astes cubains qui comptent parmi les artistes latino-am?ricains les plus importants du XXe si?cle ont r?ussi, malgr? de multiples difficult?s,? tourner des films remarquables.Entre autres choses, ils ?voquent,avec une libert? de ton parfois ?tonnante,les probl?mes de la nouvelle soci?t?, notamment la place qui doit revenir aux artistes qui ne peuvent renoncer ? leur ind?pendance et se doivent de d?fendre la libert? de cr?ation."
On notera ?galement, respectivement ? l'agr?gation interne de Lettres Modernes et au CAPES d'Espagnol deux œuvres cin?matographiques : Van Gogh de Maurice Pialat (1991) et Goya (Goya en Burdeos) de Carlos Saura (1999).
Enfin, il faut signaler que Vie et opinions de Tristram Shandy de Lawrence Sterne, au programme des agr?gations de Lettres et d'Anglais, a fait l'objet d'une tentative d'adaptation par l'anglais Michael Winterbottom : A cock and bull story, traduit en fran?ais par Tournage dans un jardin anglais, ? d?couvrir le 5 juillet en France, et attendant sur ce site officiel aussi foutraque que le film promet de l'?tre.

Posté dans Evènements par Zéro de conduite le 14.05.06 à 15:42 - 4 commentaires

Festival G?ocin?ma ? Bordeaux

On a pu le constater tr?s souvent ici : la g?ographie est une des disciplines scolaires et universitaires dont l'application au cin?ma donne les r?sultats les plus in?dits et les plus stimulants. C'est le cas chaque semaine avec les comptes-rendus de film mis en ligne par les Caf?s G?ographiques (derni?rement : Congo River, Romanzo Criminale, Le nouveau monde)…
Ce le sera particuli?rement du 4 au 6 avril ? Bordeaux avec le Festival G?ocin?ma, organis? pour la seconde ann?e cons?cutive par le d?partement de G?ographie de l'Universit? de Bordeaux III, en partenariat avec le cin?ma Utopia. Il propose un th?me large "Habiter la ville" (le programme en pdf), mais celui-ci sera illustr?e, au gr? de conf?rences et de projections-d?bats, par des intervenants de poids (dont le g?ographe Jacques L?vy de la revue Espaces Temps, cf son analyse sur la g?ographie de C?dric Klapisch, relay?e ici) et des partis pris pointus.
Ainsi les films The Truman Show (photo) de Peter Weir, Lisbon Story de Wim Wenders et Hi-jack Stories d'Oliver Smith illustreront respectivement la ville am?ricaine, la ville m?diterrann?enne et "la ville s?gr?gu?e".
Bon app?tit aux Bordelais donc, et esp?rons pour les autres que ces d?bats et ces communications donneront lieu ? quelques comptes-rendus consultables en ligne…

Posté dans Evènements par zama le 04.04.06 à 21:16 - Réagir

Cannes comme si vous y ?tiez?

Vous avez entre 18 et 25 ans, êtes passionné de cinéma, vous destinez aux métier de l'image et du son ?
Plus que quelques heures (le cachet de la poste faisant foi) pour devenir juré lors du Prix de la Jeunesse au Festival de Cannes 2006 (voir le site de l'édition 2005), voire même être l'un des deux reporters mandatés par France 5 Education pour couvrir le festival (la copieuse édition  Festival 2005 sur le site France 5).
Rappelons que le prix 2005 avait été attribué à un film brésilien, Cidade Baixa de Sergio Machado (dont la date de sortie en France n'a pas encore été fixée en France), tout comme le Prix de l'Education NationaleCinéma, aspirine et vautours qui sortira le 19 avril).
Une autre possibilité est offerte aux lycéens, à l'invitation de la Semaine Internationale de la Critique et en partenariat avec l'Office Franco-Allemand pour la Jeunesse, l'opération "La (Toute) Jeune Critique" : "Mis dans la position de vrais critiques de cinéma, les lycéens français et allemands assistent ensemble quotidiennement aux projections des sept longs et sept courts métrages de la Sélection. Après avoir rencontré les équipes des films, ces apprentis critiques de cinéma écrivent leurs articles, dont les meilleurs sont publiés dans les médias partenaires (presse écrite, radio et Internet)."
L'inscription (formulaire d'inscription) se fait par groupe de quatre lycéens, sous l'égide d'un professeur qui les accompagnera lors du festival, et ce jusqu'au 15 avril.

Posté dans Evènements par Zéro de conduite le 30.03.06 à 16:28 - 1 commentaire

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