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Étudier le clip "This is America" en anglais

This is america

Voila une vidéo qui aura fait du bruit ! Mis en ligne début mai 2018, le nouveau clip du rappeur et artiste Childish Gambino (de son vrai nom Donald Glover), a engrangé les millions de vues et provoqué le débat dans les médias et sur les réseaux sociaux anglo-saxons. Avec son titre en forme de manifeste et ses images choc, This is America livre une vision sombre et violente des États-Unis : racisme, violences policières, culte des armes, triomphe du paraître… Constitué pour l’essentiel d’un plan séquence de près de 3 minutes superbement chorégraphié, le film est en outre tissé de références à l’actualité et à l’histoire américaine, qui en font un objet passionnant à décrypter.

On propose ici de l’analyser avec les élèves comme une antithèse parodique et grinçante des « Minstrel Shows », ces spectacles musicaux caricaturant les Noirs, très populaires jusqu'au début du XXe siècle. On pourra ainsi réfléchir à la représentation stéréotypée des Afro-Américains, et rappeler l’héritage social et culturel de l’esclavage et des lois de ségrégation (Jim Crow Laws) dans la culture américaine contemporaine.

Notre fiche d'activité pédagogique sur This is America (PDF, 200 ko)
Le clip

Posté dans Fiches et dossiers pédagogiques par zama le 21.06.18 à 14:22 - Réagir

Kings : le chaos, et après ?

Kings

Vingt-cinq ans après, les images du tabassage de Rodney King par des policiers à Los Angeles n’ont rien perdu de leur violence. Loin d’évoquer un passé révolu, elles nous renvoient à la litanie à ce jour ininterrompue des meurtres d’hommes et de femmes noirs par la police américaine. La présence de ces images dans le nouveau film de Deniz Gamze Ergüven laissait donc croire que ce Kings serait une œuvre politique, à l’image du premier long-métrage de la réalisatrice franco-turque, Mustang. Même si l’on passe d’un village turc à une métropole américaine, d’un casting d’inconnues à une distribution hollywoodienne (Halle Berry et Daniel Craig), les deux films procèdent de la même volonté : montrer comment le politique influe sur le quotidien de ses personnages, mais aussi comment le quotidien persiste dans des situations politiques très violentes. Il s’agissait dans Mustang de décrire les longues journées de sœurs enfermées par leurs parents dans l’attente de leurs mariages forcés ; il est question dans Kings du quotidien de Millie (Halle Berry), mère-courage d’un quartier défavorisé de South Central prise dans le chaos des émeutes d’avril-mai 1992. Des émeutes nées suite à l’acquittement des quatre policiers impliqués dans le tabassage de Rodney King, qui durèrent cinq jours et firent entre 50 et 60 morts.

Un cruel manque de crédibilité

D’où vient que les sœurs de Mustang avaient fait chavirer notre cœur, alors que les personnages de Kings nous laissent, eux, de marbre ? Malgré le temps passé par Deniz Gamze Ergüven à South Central, malgré ses lectures et ses rencontres avec les habitants, le film est miné par d’importants problèmes de crédibilité, qui empêchent de croire à l’existence des personnages. Il est difficile par exemple de comprendre le rôle exact de Millie auprès des enfants qu’elle recueille chez elle ; ou d’admettre que cette mère débordée, qui passe tout le film à courir dans les rues de South Central, parvienne à maintenir un brushing absolument parfait.

Le bruit et la fureur

À ce manque de crédibilité s’ajoutent des décisions de mise en scène peu opportunes. Que ce soit le recours à une caméra extrêmement mobile ou le choix de remplir ses cadres jusqu’au débordement (toujours un enfant qui crie, qui court ou qui pleure dans un coin de l’image), les choix de Deniz Gamze Ergüven ne laissent pas au spectateur le temps d’apréhender la psychologie des personnages. La réalisatrice cherche bien sûr à retranscrire à l’écran l’atmosphère chaotique de ces jours d’émeutes. Mais sans un minimum d’empathie pour les personnages – ce qui nécessiterait de pouvoir les percevoir autrement que comme un tout bruyant et furieux – ce chaos permanent tourne à vide, jusqu’à l’agacement.

Un film inconséquent ?

Cette atmosphère de chaos permanent prend également le pas sur la compréhension des enjeux des émeutes de 1992, travers que le film partage avec le récent Detroit de Kathryn Bigelow. Deniz Gamze Ergüven n’escamote pas les événements qui ont déclenché la révolte des habitants de South Central, en reconstitue certains et évoque les autres via des images d’archives : le meurtre d’une jeune fille afro-américaine, tuée d’une balle dans le dos par la gérante d’une épicerie, le tabassage de Rodney King, l’acquittement des policiers impliqués. Mais la réalisatrice ne se penche jamais sur les racines historiques et politiques de ces émeutes, les ramenant ainsi à l’expression d’une colère passagère.
Kings fait ainsi œuvre d’une trop grande légèreté vis-à-vis de son sujet. Le film ne cesse d’ailleurs d’alterner entre le drame et le comique, opposant à la violence des émeutes des instants de pure absurdité. En témoigne une scène au cours de laquelle Millie et son voisin Ollie (Daniel Craig) se retrouvent menottés à un lampadaire, se tournant autour (au sens propre comme au figuré), avant qu’Ollie ne décide d’escalader le lampadaire. Le caractère gratuit de cet humour facile laisse un goût amer lorsqu’on remet la séquence dans son contexte : les émeutes de South Central firent entre 50 et 60 morts. On ne peut donc s’empêcher de penser que la révolte de South Central n’est pour Deniz Gamze Ergüven qu’un prétexte de cinéma. Une impression renforcée par les dernières minutes du film, qui s’arrête abruptement lorsque Millie réussit à réunir tous ses enfants (qui s’étaient préalablement dispersés dans le chaos). Que le reste du quartier continue à brûler ne semble guère intéresser la réalisatrice.

Philippine Le Bret

Merci à Karin Grosset-Grange, professeure d’anglais, pour sa contribution à cet article

[Kings de Deniz Gamze Ergüven. 2018. Durée : 88 mn. Distribution : Ad Vitam. Sortie le 11 avril 2018]

Posté dans Dans les salles par zama le 11.04.18 à 15:19 - Réagir

America : le rêve américain, mort et enterré ?

America

Que reste-t-il du rêve américain ? L’élection surprise de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis, portée par le slogan « Make America great again », a remis la question à l’ordre du jour. Depuis ce coup de tonnerre du 8 novembre 2016, le médias américains et internationaux n’ont eu de cesse d’ausculter la frange de la société qui se dit exclue de ce rêve, afin de comprendre comment des classes populaires avaient pu porter au pouvoir un multi-milliardaire bardé de casseroles et de controverses.

En mai 2016, au moment où Trump obtient contre toute attente l’investiture républicaine, le réalisateur français Claus Drexel (très remarqué pour son beau documentaire sur les sans-domicile-fixes) pressent le caractère inhabituel de la campagne à venir. Il part alors aux États-Unis, et pose sa caméra à Seligman, Arizona. Située à presque trois heures de route de Los Angeles, la petite ville compte quelques 450 habitants, pour un revenu mensuel moyen largement inférieur à la moyenne nationale. Pendant deux mois (un mois avant l’élection, un mois après), Drexel interroge les habitants, cherchant à comprendre les espoirs et les craintes de ces héritiers cabossés du rêve américain.

Un réalisateur français peut-il rendre justice à la complexité culturelle, historique, sociale de cette Amérique déshéritée ? La question se pose lorsque, dans les premières minutes d’America, Drexel préfère rire de ses personnages plutôt que de chercher à les comprendre. Il filme deux habitants occupés à dépecer une carcasse de cerf, qui s’esclaffent, cannettes de bière à la main : « Voilà ce qu’on fait pour s’amuser ! ». Le titre du film – AMERICA – vient ensuite se plaquer sur le plan fixe de la carcasse sanguinolente, mise en images caricaturale de la mort du rêve américain. Cette tonalité ironique s’atténue heureusement par la suite, à mesure que Drexel prend le temps de discuter avec habitants de Seligman, leur laissant la possibilité de développer une pensée plus complexe que ce que les apparences laissaient présager. La complexité que construit peu à peu le film doit aussi beaucoup à la force de ses images. Drexel alterne en effet séquences d’interview et plans fixes de la ville et de ses alentours. Dans ces passages muets, il filme les ruines du rêve américain : des voitures de luxe des années 50 devenues des épaves rouillant au soleil, des stations-service à l’abandon tombant en décrépitude… autant de symboles de la fin d’un âge d’or où la croissance économique garantissait à chacun la possibilité d’adopter l’american way of life.

La richesse d’America en fait un support pédagogique particulièrement intéressant pour les professeur·e·s d’anglais (niveau Lycée). Au sein des séquences « Espaces et échanges » ou « Lieux et formes du pouvoir », les enseignant·e·s pourront choisir d’étudier certains des thèmes abordés dans le film : le fameux rêve américain (que désigne-t-il ? qu’en reste-t-il ?) ; le rapport aux armes dans la culture et l’histoire américaines (on pourra revenir sur les racines historiques du deuxième amendement de la Constitution, et/ou rattacher le film à l’actualité récente – la fusillade de Parkland, la volonté du président d’armer les professeurs) ; le rapport aux médias et la question des « fausses nouvelles » (le seul média aperçu dans le film étant la chaîne ultra-conservatrice Fox News). Les professeur·e·s devront néanmoins s’attacher à remettre le film dans son contexte (politique, historique, social, géographique, économique), afin que les élèves ne tombent pas dans l’anti-américanisme primaire.

Philippine Le Bret

Merci à Karin Grosset-Grande, professeure d’anglais, pour sa contribution à cet article

[America de Claus Drexel. Durée : 82 mn. Distribution : Diaphana. Sortie le 14 mars 2018]

À voir aussi :
Entretien avec Claus Drexel autour de son documentaire Au bord du monde (2014)

Posté dans Dans les salles par zama le 16.03.18 à 12:14 - Réagir

Le Crime de l'Orient Express : Hercule Poirot, un coup dans l'eau

Le Crime de l’Orient-Express

Grand succès de la littérature anglaise, Le Crime de l’Orient-Express n’a plus franchement la côte auprès des jeunes générations. Kenneth Branagh projetait de remettre au goût du jour cette célèbre enquête d’Hercule Poirot, aidé par un casting fait pour ratisser large, y compris chez les plus jeunes (avec notamment Daisy Ridley, qui incarne Rey dans Star Wars). Pour permettre à tout le monde de suivre, Branagh ouvre son film avec une courte enquête préliminaire visant à caractériser Hercule Poirot auprès de ceux qui ne le connaissent pas. On le découvre amateur de symétrie (il exige deux œufs parfaitement identiques pour son petit-déjeuner), amateur de mots d’esprit et bien sûr détective hors-pair (le crime est résolu en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire).

Le cadre une fois posé, les voyageurs peuvent embarquer à bord de l’Orient-Express. Sur le papier, c’est là que les choses sérieuses devraient commencer : alors que le train est bloqué par la neige, un riche américain est assassiné dans sa cabine ; Hercule Poirot mène l’enquête, cherchant le coupable parmi les treize autres passagers du train. Pourtant, entre l’amusante séquence d’ouverture et la scène de confrontation finale, convaincante recréation de la Cène dans laquelle il ne s’agit plus d’identifier le traître Judas mais le meurtrier de l’Orient-Express, on peine à se passionner pour l’enquête. Mécaniquement, Poirot interroge un à un les passagers, mais ces confrontations ne révèlent rien d’essentiel, et ne ménagent ni grand suspense ni franc amusement pour le spectateur. Et puis, d’un seul coup, le détective belge est pris d’intuitions géniales qui lui permettent peu à peu de résoudre le crime. Bien sûr, ces traits de génie sont partie intégrante de ce personnage qui comprend ce que personne d’autre ne perçoit. Mais le fait que toutes les révélations majeures du film sortent de son chapeau sans que rien ne les ait annoncées se révèle très frustrant pour le spectateur, privé du plaisir de faire fonctionner ses méninges.Ne reste alors pas grand-chose à se mettre sous la dent, si ce n’est l’impressionnante moustache d’Hercule Poirot et – surtout – la belle composition de Michelle Pfeiffer, parfaite dans son rôle de bourgeoise extravagante.

Bien sûr, l’intrigue d’Agatha Christie ne manque pas d’intérêt sur le plan pédagogique (au Collège – 4e, 3e – comme au Lycée), que ce soit pour l’étude des codes du roman policier, pour une séquence autour des événements historiques effleurés dans les dialogues (la ségrégation, la prohibition, la montée de la xénophobie en Allemagne) ou pour une réflexion sur la moralité du meurtre. Mais cette adaptation du Crime de l’Orient-Express n’est ni suffisamment grand-public pour constituer une porte d’entrée dans l’univers d’Agatha Christie, ni suffisamment réussie pour être étudiée pour ses qualités cinématographiques intrinsèques. On lui privilégiera donc la version de Sidney Lumet, ou l’adaptation télévisée britannique de 2010 (avec l’inégalable David Suchet), une version plus intense et plus profonde, où l’âme humaine est dépeinte avec plus de complexité.

Philippine Le Bret

Merci à Nabila Souaber, professeure d’anglais, pour sa contribution à cet article

[Le Crime de l'Orient Express de Kenneth Branagh. 2017. Durée : 109 mn. Distribution : Twentieth Century Fox. Sortie le 13 décembre 2017]

Posté dans Dans les salles par zama le 21.12.17 à 13:00 - Réagir

Ex Libris interroge le rôle des bibliothèques à l'heure du tout-numérique

Ex Libris

Après avoir exploré ces dernières années un musée (National Gallery), une université (At Berkeley) ou des lieux des spectacles (La Danse, le ballet de l'Opéra de Paris, Crazy Horse), l’infatigable documentariste Frederick Wiseman s’attaque avec Ex Libris, The New York Public Library à un autre temple de la culture : la bibliothèque. Ex Libris nous plonge pendant plus de trois heures dans les allées de la la New York Public Library, troisième plus grande bibliothèque du monde, riche de ses 55 millions de documents. Ce faisant, le film ne cesse d’étonner, d’émouvoir et d’émerveiller, et interroge avec une profondeur peu commune la définition de la culture à l’âge du numérique. Film sur une bibliothèque, c’est aussi un film-bibliothèque. Car une bibliothèque, comme le fait remarquer une architecte filmée par Wiseman, est moins un endroit où l’on stocke des livres qu’un lieu où l’on transmet des connaissances. Le film de Frederick Wiseman n’est pas autre chose : un espace (filmique) au sein duquel il est possible d’accéder au savoir. Comme une bibliothèque, Ex Libris recèle mille trésors : on y rencontre Patti Smith, on y apprend à commander un robot, on y assiste à une conférence sur la vie des juifs new-yorkais dans l’entre-deux-guerres. Comme d’une bibliothèque, on en sort plus intelligent qu’on ne l’était en y entrant.

Cette promenade bibliophile est d’autant plus fabuleuse qu’elle ne cesse de nous surprendre et de nous émouvoir. Bien sûr, Ex-Libris, tout comme les précédents documentaires de Wiseman, stimule intensément l’intelligence de ses spectateurs. Mais le documentariste américain n’oublie pas d’en appeler également à leur humour et à leurs émotions. L’une des toutes premières séquences du film nous plonge ainsi au cœur du service « Ask NYPL », qui permet à tout New-yorkais d’appeler la bibliothèque pour poser une question, même la plus absurde (en l’occurrence, il s’agit ici de l’existence des licornes). Côté émotions, on retiendra notamment une séquence vibrante dans laquelle une interprète traduit la Déclaration d’indépendance des États-Unis en langue des signes, avec tant de fougue qu’on en reste bouche-bée.

Ce patchwork géant interroge avec méthode la définition de la culture à l’heure de la démocratisation du savoir et du tout-numérique, et accompagne au plus près les réflexions de la NYPL sur sa mission de service public. La principale question posée par le film est aussi vertigineuse qu’essentielle : comment faire en sorte que les plus démunis aient eux aussi accès au savoir ? Wiseman s’intéresse tout particulièrement à la façon dont la NYPL promeut l’empowerment (prise de pouvoir) de ses publics les plus fragiles, notamment par une politique volontariste d’accès au web : alors qu’un tiers des New-Yorkais n’ont pas de connexion internet chez eux, certains usagers de la NYPL peuvent, depuis 2015, emprunter un modem comme on emprunte un livre. Cette redéfinition des espaces dans lesquels s’incarne la culture (Internet tout aussi bien que les livres) est une clé fondamentale pour permettre l’accès de tous à la culture, et la preuve que les bibliothèques ont encore un rôle important à jouer à l’heure du tout-numérique.

Un film aussi foisonnant et beau ne serait être que très riche pédagogiquement parlant. Deux thèmes du programme d’anglais en 1re ou en Terminale semblent particulièrement adaptés à une exploitation en classe. La thématique « Espaces et échanges », permettra de s’interroger sur l’ancrage géographique des différentes antennes de la New York Public Library (la façon dont Wiseman, en quelques plans, parvient à définir géographiquement et socialement chacun des quartiers dans lesquels il filme), sur le lien entre espace et richesse (la majesté de la bibliothèque de la Ve avenue versus l’exiguïté de celle d’Harlem), ou encore sur la façon dont la construction de l’espace peut permettre l’échange avec le public (une séance de comptines pour les enfants, dans une salle spécialement conçue pour que ceux-ci puissent danser ou courir sans danger). Le second thème, « Lieux et formes du pouvoir », fera parfaitement écho à la thématique centrale du film, l’empowerment. À cet égard, l’avant-dernière séquence du film mérite que l’on s’y attarde avec les élèves : lors d’une rencontre entre Khalil Muhammad, l’un des dirigeants de la NYPL, et des habitants d’Harlem, quartier défavorisé de New York – tous les protagonistes de cette scène étant noirs –, tous partagent leur expérience de la discrimination. Une enseignante évoque l’hypocrisie d’un manuel scolaire, qui raconte que les Noirs sont arrivés aux États-Unis grâce à une immigration de travail, sans que ne soit mentionné l’esclavage. La discussion, très forte, montre que la New Public Library est bien un lien d’émancipation pour ses usagers, qui y trouvent l’espace, l’écoute et les ressources nécessaires pour apprivoiser les outils du pouvoir – et s’en emparer.

Philippine Le Bret 

[Ex Libris, The New York Public Library de Frederick Wiseman. 2017. Durée : Distribution : Météore Films. Sortie le 1er novembre 2017] 

Merci à Jean-Luc Breton, professeur d’anglais, pour sa contribution à cet article

Posté dans Dans les salles par zama le 31.10.17 à 12:09 - Réagir

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