Image du film The Ride

Le nouveau monde : bons sauvages et méchants colons

The Ride

Le nouveau monde de Terence Malick s'empare d'un mythe aussi cher aux Américains
que méconnu de ce côté-ci de l'Atlantique : la rencontre entre colons européens
et « native americans » lors de la fondation de la ville de Jamestown (Virginie)
en 1607 ; ou comment la romance entre la jeune indienne Pocahontas et le
capitaine anglais John Smith sauvera la colonie décimée par les maladies, la
faim et le froid. Et signera la fin de quinze millénaires de civilisation
indienne, menacé par l'expansionnisme brutal des pilgrims.
La première partie du film est bâtie sur une opposition tranchée, entre la
beauté édenique de la nature américaine et du mode de vie indien, et la laideur
et l'agressivité de la civilisation apportée par les colons. Ces derniers sont
décrits comme une bande de soudards et de fous de Dieu, obsédés par l'appât du
gain (ils sont persuadés de trouver de l'or) et les jeux de pouvoir, totalement
inadaptés à leur milieu naturel. Du côté indien, en revanche, Terence Malick
peut déployer tout le lyrisme de sa mise en scène. On retrouve, avec moins de
surprise, le style du premier quart d'heure de la Ligne Rouge : voix-off
lyrico-métaphysique, violons et gazouillis d'oiseaux sur plans (superbement
photographiés) de nature et de corps dénudés. Dans sa première partie en tout
cas, Le Nouveau monde est un film quasiment rousseauiste, à la fois par cette
mythification du mode de vie « sauvage » et cette exaltation vibrante de la
nature.
Dans la seconde, beaucoup moins intéressante, le romanesque reprendra ses droits
à travers le destin de Pocahontas : reniée par son père et sa tribu, vendue aux
Anglais, abandonnée par John Smith, elle finira par trouver l'amour en la
personne de John Rolfe, planteur de tabac de son état. Invitée à la Cour
d'Angleterre en tant que princesse des Algonquins, elle y succombera à la
maladie, non sans avoir revu une dernière fois le beau capitaine.
Le Café pédagogique (édition Anglais)
donne plusieurs liens
sur le film, dont celui vers un educational companion
sur le site américain
du film. On pourra également évoquer le film en
cours de Français, par exemple pour illustrer l'objet d'étude « Le regard de
l'autre » en Seconde, ou pour le mythe du bon sauvage dans la littérature.

[Le nouveau monde de Terence Malick. 2006. Distribution : Metropolitan Filmexport. Sortie le 15 Février 2006]

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