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Tanna : Lumières Sur

Depuis Nanook l’Esquimau de Flaherty (1922), on sait que le cinéma est un fabuleux outil de découverte du monde, une invitation à la rencontre de paysages et de peuples inconnus... Avec les paysages tour à tour luxuriants (la forêt vierge) et lunaires (les pentes du volcan Yahul) de cette petite île du Vanuatu, ses habitants aux costumes traditionnels et aux rituels élaborés, Tanna vaut son pesant de dépaysement. Mais le film de Bentley Dean et Martin Butler échappe à la carte postale. Il ajoute en effet à la force du réel la puissance de la fiction : écrit et réalisé en collaboration avec les habitants du village de Yakel, le  film prend un fait divers local (le suicide de deux jeunes amoureux pour échapper à un mariage arrangé) pour le hausser au rang de la tragédie...

L’histoire rappellera au spectateur occidental le Roméo et Juliette de Shakespeare. Les amants de Tanna ne doivent pourtant rien à ceux de Vérone ou autres « couples maudits » de notre littérature, inconnus sous ces latitudes. Si cette histoire importe tant aux habitants de Yakel, c’est qu’elle porte des questions essentielles pour leur tribu, l’une des dernières à vivre selon la coûtume traditionnelle : jusqu’où doit-on aller pour préserver les traditions de la modernité ?

Zérodeconduite a consacré son supplément Lumières Sur au film Tanna. On y trouve une analyse cinématographique du film et un entretien avec l'ethnologue Marie Durand, spécialiste de l'archipel du Vanuatu.

Tanna de Bentley Dean et Martin Butler, au cinéma le 16 novembre 

Posté dans Fiches et dossiers pédagogiques par zama le 29.10.16 à 14:37 - Réagir

Moi, Daniel Blake : entretien avec Didier Demazière

Palme d’Or au dernier Festival de Cannes, Moi, Daniel Blake permet à Ken Loach de renouer avec son militantisme politique. Plaidoyer vibrant pour la défense des droits des chômeurs, le film dénonce la mort de l’État-social britannique. Didier Demazière, sociologue du travail, nous aide à comprendre les évolutions d’un système d’aide sociale devenu kafkaïen.

Comment expliquer une telle précarité (des gens qui meurent de faim, d’autres qui ne peuvent pas se chauffer) au Royaume-Uni, cinquième puissance mondiale ?

Au Royaume-Uni, l’État-social s’est dégradé depuis 25-30 ans. La situation de ceux qui ne travaillent pas est donc aujourd’hui très critique : l’accès aux allocations sociales est extrêmement sélectif, les montants sont peu élevés, et il faut remplir de nombreuses conditions pour avoir droit à un revenu de compensation. On le voit bien dans le film.

Ce qui frappe dans Moi, Daniel Blake, c’est avant tout l’aspect kafakaïen du système d’aide sociale. Est-ce propre à la Grande-Bretagne ?

En France, lorsque l’on s’inscrit à l’aide sociale pour l’emploi, il y a des papiers à remplir, des renseignements à fournir, et les démarches sont parfois complexes. Mais on est encore loin des absurdités bureaucratiques du système anglais, telles qu’on les voit dans le film. Je pense à une scène en particulier : après avoir été notifié par courrier qu’il n’était pas éligible à la pension d’invalidité, Daniel Blake appelle l’administration. On lui indique qu’il ne peut pas faire appel tant que la personne en charge de son dossier ne l’a pas informé par téléphone de la décision. Alors qu’il est déjà au courant puisqu’il a reçu un courrier postal à ce sujet ! L’administration met en place des procédures absurdes, qui ne sont pas respectées par ses propres membres. Au final, le bénéficiaire est pris au piège d’une situation ubuesque.Une autre scène illustre bien les différences entre le système britannique et le système français. Daniel Blake est au job center [agence Pôle Emploi locale, ndlr], il doit faire une demande d’inscription en ligne. Incapable d’utiliser un ordinateur, il demande l’aide d’une conseillère bienveillante, mais celle-ci est immédiatement rattrapée et rabrouée par sa supérieure. Le système britannique demande aux chômeurs d’être autonomes, car cette autonomie est une preuve de leur motivation à retrouver un travail. En France ça ne se passe comme pas ça, l’assistance au numérique est un droit pour les personnes qui bénéficient de l’aide sociale.

L’histoire du service public britannique permet-elle de comprendre comment on en est arrivé à cette méfiance systématique envers les chômeurs ?

Le service public de l’emploi s’est construit autour du paradigme suivant : on pense que les efforts de recherche d’emploi finissent toujours pas payer, et que ceux qui n’y arrivent pas n’essayent pas vraiment. La priorité c’est donc de lutter contre ces « assistés » qui ne font aucun effort. Les dispositifs de protection sociale ont été construits de telle sorte qu’ils assurent un contrôle des chômeurs. En France, l’allocation chômage et les services associés viennent réparer un accident professionnel, dont les individus ne sont pas responsables. Au Royaume-Uni, le soupçon domine.Ainsi, le droit à l’emploi devient un devoir de travailler. C’est pour ça par exemple que les indemnités chômage sont indexés sur les situations familiales. Une femme qui est au chômage et dont le mari travaille verra ses allocations amputées. En France, ces indemnités sont attachées à la personne : elle a cotisé et a donc droit à ce revenu de compensation.

Il est aussi question dans le film des partenariats public-privé dans le secteur de l’aide sociale.Cette sous-traitance auprès d’opérateurs privés est-elle une tendance de plus en plus marquée dans les sociétés européennes ?

C’est un mouvement de fond qui a été initié en Grande-Bretagne mais qui concerne l’Europe toute entière. On assiste d’une part à une réduction du secteur public (baisse du nombre de fonctionnaires, baisse des dépenses publiques), et d’autre part à l’introduction de modes de gestion importés du privé (la culture de la performance notamment).Mais ce processus est plus ancien et plus radical au Royaume-Uni. Si l’on compare de nouveau avec la France, il est vrai que le service public de l’emploi français doit fournir des indicateurs de performance (le nombre de dossiers traités en une semaine par exemple). Mais ces indicateurs sont agrégés au niveau des agences, pas des agents, et servent à améliorer l’efficacité globale du service : on compare ces indicateurs entre les agences de profil similaire, afin d’identifier les bonnes pratiques et de les transplanter. En Grande-Bretagne, on fait peser la pression de ces indicateurs sur chacun des agents. Ces derniers doivent donc traiter plus de chômeurs et faire en sorte que ces chômeurs trouvent du travail coûte que coûte.Par ailleurs, ce qui est très frappant au Royaume-Uni, c’est, en plus du démantèlement du service public, le démantèlement de la notion même de service public. On le voit dans le film : les agents qui travaillent au job center dans lequel se rend Daniel Blake ne sont pas choqués par le fonctionnement kafkaïen de cette agence. L’absurdité est complètement intériorisée, et je ne pense pas qu’il y ait d’équivalent en Europe continentale.En France notamment, les syndicats sont des forces de résistance importantes face à cela. Mais en Grande-Bretagne, depuis le coup de boutoir de Thatcher contre le syndicat des mineurs au milieu des années 80, les syndicats du service public ont constamment été attaqués, jusqu’à disparaître complètement.

Ken Loach et son scénariste soulignent également l'image négative des chômeurs auprès de l’opinion publique britannique. Comment expliquer ce regard sur les chômeurs, corroboré par de nombreuses études ?

La suspicion latente envers les chômeurs est assez commune en Europe. C’est une caractéristique des sociétés dans lesquelles avoir un emploi est la norme de référence. En France, on le voit quand on fait des enquêtes sociologiques : même ceux qui ont connu le chômage pensent que, si l’on fait ce qu’il faut, il est possible de s’en sortir.Mais il y a aussi des éléments propres à la société britannique. D’une part, c’est une société qui glorifie très fortement la réussite individuelle. Comme aux États-Unis, l’opinion publique pense majoritairement que la réussite ne dépend que de soi.D’autre part, la société britannique est extrêmement cloisonnée. Le Royaume-Uni renvoie l’image d’un ilot de prospérité, avec des emplois à très forte valeur ajoutée qui attirent de nombreux travailleurs étrangers. Mais toute une partie de la population, celle qui ne peut pas obtenir ces emplois, vit dans un autre monde. Tandis que les services n’ont cessé de croitre, les emplois industriels ont tous été détruits. Il y a donc une segmentation très forte entre les différentes couches de la société, et également entre les régions (la région de Newcastle, dans laquelle se déroule le film, est une région déshéritée). À l’intérieur d’une même société, on a des populations qui vivent des trajectoires historiques inverses, ce qui, à mon avis, marque l’échec du projet de cohésion sociale.

Pourtant la Grande-Bretagne semble avoir bien traversé la crise de 2008. En novembre 2015, le taux de chômage est tombé à 5,1% de la population active, son niveau le plus bas depuis octobre 2005.

Cela montre que le taux de chômage est un indicateur limité. On utilise aujourd’hui le taux de chômage pour mesurer deux choses : l’état du marché du travail et le bien-être d’une population.Mais si l’on se concentre simplement sur la question du bien-être, on peut identifier plusieurs limites. Premièrement, il faut se poser la question suivante : à quelles conditions verse-t-on des revenus de compensation aux chômeurs ? Certains pays avec un taux de chômage plus élevé que le Royaume-Uni ont des populations plus heureuses car les chômeurs mieux accompagnés.Deuxième question : quels sont les revenus que peuvent espérer les travailleurs ? En Grande-Bretagne, certaines personnes ne sont pas au chômage mais ont des contrats de travail extrêmement précaires, qui ne leur permettent pas d’atteindre un bien-être économique. C’est le cas de China, le voisin de Daniel Blake, qui se plaint de son « job pourri » dont il ne connaît jamais les horaires à l’avance et qui ne lui permet pas de vivre. Donc le taux de chômage ne permet pas de tirer de conclusions définitives sur l’état d’une société.

Vous dîtes, dans une étude intitulée « Vivre le chômage, construire ses résistances » (parue en 2015), que les personnes au chômage ont toutes besoin d’un « truc » pour résister - s’occuper de sa famille, s’impliquer dans du bénévolat. C’est exactement ce que fait Daniel Blake dans le film, en prenant Katie et ses deux enfants sous son aile. Pourquoi est-ce si important ?

Pour Daniel Blake comme pour les chômeurs de la vie réelle, c’est une façon de lutter contre l’enfermement du chômage, qui est une situation obsédante (comment faire pour s’en sortir, comment faire pour survivre, ce sont des questions que l’on se pose en permanence quand on est au chômage).Ces relations - celle que Daniel Blake a avec Katie et ses enfants, mais aussi celle qu’il a avec son voisin, China - lui permettent également de redevenir quelqu’un. Le film montre que le chômage ne colonise pas toute sa vie : il continue à avoir des relations sociales, à sculpter le bois, etc. Le chômage n’est pas le tout de son identité, quand bien même l’institution cherche à lui faire croire cela. C’est montré de manière très cruelle dans le film : toutes les relations avec l’institution affirment l’absence de valeur de sa condition, elles lui font comprendre qu’il doit remplir le vide qu’est sa vie.Et lui est très lucide sur tout ça, c’est pour ça que le film est aussi fort. Quand Daniel Blake tague le mur de l’agence [il écrit, à la bombe : « Moi, Daniel Blake, demande une date d’appel avant de mourir de faim »], il exprime la nécessité, impérieuse, de réaffirmer son existence.

Aux États-Unis comme en France, on a assisté à l’éclosion de mouvements sociaux dénonçant la précarisation des travailleurs - Occupy Wall Street, Nuit Debout, les manifestations contre la Loi Travail. Trouve-t-on le même genre de mouvement au Royaume-Uni ?

À ma connaissance, il n’y a pas d’action collective autour de cette cause. Mais cela ne veut pas dire que tout est ramené à l’échelle individuelle. On le voit dans le film, des solidarités existent : China, le voisin de Daniel, l’aide à remplir sa déclaration sur Internet. Mais le chômage reste un objet non-politisé, toutes ces solidarités ont lieu dans des espaces privés.On le comprend au moment où Daniel Blake manifeste son existence dans l’espace public, avec le graffiti mentionné ci-dessus : les gens rigolent, applaudissent, mais personne ne s’approche de lui, personne ne vient s’opposer quand la police l’arrête. Il y a une frontière nette entre Daniel Blake et les gens qui le regardent.

Didier Demazière est sociologue, directeur de recherche au CNRS et membre du centre de sociologie des organisations de Sciences Po. Ses recherches portent notamment sur le chômage et les politiques publiques d’emploi. Parmi ses publications : Sociologie des chômeurs (La Découverte, 2006).

[Moi, Daniel Blake de Ken Loach. 2016. Durée : 100 mn. Distribution : Le Pacte. Sortie le 26 octobre 2016]

Posté dans Entretiens par zama le 24.10.16 à 10:38 - Réagir

Ma Vie de Courgette : entretien avec Marie Tournigand


Co-écrit avec Céline Sciamma, Ma Vie de Courgette est le deuxième long-métrage du suisse Claude Barras. Le film raconte l’histoire d’Icare, un petit garçon de 10 ans qui préfère qu’on l’appelle Courgette. Lorsque sa mère meurt, Courgette est envoyé au foyer des Fontaines, où il se reconstruira peu à peu avec l’aide des autres enfants du foyer et de Raymond, un policier bienveillant.
Il aura fallu à Claude Barras deux ans de tournage pour donner vie à Courgette et à ses camarades. Un travail de fourmi pour ce film tourné en stop-motion (image par image), et dans lequel chaque détail apporte du sens. On notera tout d’abord la physionomie des personnages, petites marionnettes aux yeux immenses, qui permettent au spectateur de lire précisément chaque émotion : la détresse, la peur, la colère, puis la joie, la confiance, l’amour.
Car si Ma Vie de Courgette est bien un film d’animation destiné aux enfants, au happy end plein d’espoir, il n’élude pas les questions douloureuses : mort, inceste, maltraitance, tout est dit, mais toujours avec des mots adaptés. L’objectif n’est pas de choquer, mais de brosser le portrait, très émouvant, des enfants du foyer : Courgette bien sûr, qui ne se sépare jamais d’une cannette de bière, seul souvenir d’une mère alcoolique, mais aussi Alice, qui cache une vilaine cicatrice sous une longue mèche blonde, Simon, qui joue au gros dur pour masquer sa douleur, ou encore Béatrice, qui pense entendre sa mère arriver dès qu’une voiture approche.
Mais pour ne pas laisser mourir la légèreté propre à l’enfance, Claude Barras place ses personnages dans un univers très enfantin. Ses décors ressemblent à des dessins d’enfant, faits de lignes simples, de couleurs bariolées, et de nuages qui semblent avoir été rajoutés d’un trait de crayon sur le ciel.
Claude Barras et sa scénariste parviennent ainsi à nous projeter, nous spectateurs adultes, dans la tête des enfants. La naïveté des propos ne semble jamais forcée, les maladresses du langage sonnent toujours juste. On rit donc de bon coeur quand Courgette, à qui on a expliqué que son père était parti avec une « poule », dessine sur le mur de sa chambre « la poule de son père » (celle qui pond des oeufs).
Alors forcément, on s’attache très vite à ces enfants cabossés. Et lorsque retentit, au moment du générique de fin, la très belle reprise par Sophie Hunger du « Vent nous portera », on sent sur nos joues couler des larmes de bonheur.
Pour prolonger la réflexion proposée par le film, et en complément du dossier pédagogique édité par le Réseau Canopé autour du film, Zéro de conduite a rencontré Marie Tournigand, déléguée générale de l’association Empreintes, qui vient en aide aux personnes en deuil. L’association accompagne notamment des enfants âgés de 6 à 11 ans grâce au cycle d’ateliers « Empreintes bleues ». Elle nous éclaire sur les idées fausses que l’on peut avoir concernant le deuil, et nous explique comment un enfant gère la mort d’un parent.


Comment est-ce que l’association Empreintes, dont vous êtes la déléguée générale, accompagne les enfants en deuil ?

Chez nous, l’accompagnement commence toujours par un entretien familial. On reçoit toute la famille, et en fonction de ce qu’on perçoit chez chacun de ses membres, on identifie qui a besoin de quel soutien.
Ensuite, pour les enfants de 6 à 11 ans [le héros du film, Courgette, a 10 ans, ndlr], on propose un cycle de six ateliers, en petit groupe fermé (le groupe restera le même pendant les six séances). L’idée, c’est de travailler sur le lien avec la personne décédée (comprendre quelle était la relation entre l’enfant et le défunt), les circonstances du décès (la cause de la mort mais aussi le moment où l’enfant l’a appris), et l’héritage (qu’est-ce que l’enfant veut garder - ou non - de la personne décédée ?).
Pour cela on propose différents ateliers aux enfants. On construit par exemple avec eux un « arbre à ressources », fait de post-ils sur lesquels ils écrivent ce qui leur fait du bien dans cette période de deuil (regarder la télé, jouer avec les copains, observer les étoiles). On leur demande aussi de dessiner leur « silhouette des émotions » : les enfants se représentent sous la forme d’une silhouette, qu’ils remplissent ensuite avec des émotions, chacune symbolisée par une couleur. L’un des enfants qu’on avait accompagné avait par exemple choisi de représenter le doute au niveau du cerveau, la tristesse dans le ventre, et la colère dans les mains.

Les enfants ont-ils une capacité de résilience particulièrement forte ?

Les enfants vivent leur deuil à l’image des adultes qui les entourent. Si les adultes s’expriment, montrent leurs émotions, alors la résilience de l’enfant sera très forte. Mais s’il y a des carences affectives, le deuil risque d’être difficile.
La plupart du temps, on constate que le principal obstacle au deuil d’un enfant, c’est le comportement des adultes. Les enfants ont une sorte d’intuition, ils savent ce dont ils ont besoin pour traverser ce deuil, mais les adultes ne sont pas toujours en mesure de le leur donner. Par exemple, beaucoup de parents souhaitent protéger leur(s) enfant(s) en ne disant pas certaines choses. Mais les non-dits sont pires que tout pour le deuil, ce que le film montre très justement. Courgette à un moment dit : « Je crois que je l’ai tuée [sa mère, ndlr] ». Il a très bien compris que sa mère était morte, alors que personne ne lui a dit clairement, et il pense qu’il est responsable de cette mort, ce qui est très douloureux pour lui. Alors que si un adulte lui expliquait clairement ce qui s’est passé (sa maman buvait trop de bières, elle menaçait de le frapper, il a eu peur, il a donc fermé la trappe menant à sa chambre, ce qui a provoqué la chute accidentelle de sa mère dans les escaliers et finalement sa mort), il serait beaucoup plus facile pour lui d’avoir une approche rationnelle des événements.

Pourquoi est-ce important pour un enfant en deuil (ceux que vous accompagnez ou ceux du film) de partager son expérience avec d’autres enfants ?

Dans le cadre de nos ateliers on cherche à créer un cadre sécurisé, qui permette aux enfants de s’investir émotionnellement dans des relations. Il est extrêmement douloureux d’aimer quelqu’un qui est mort. L’enfant va se dire : « À quoi bon recommencer ? ». Il faut donc que le cadre soit suffisamment contenant pour permettre à l’enfant de refaire confiance. Quand il se sent entouré, compris par d’autres, il cesse de se replier sur lui-même. On le voit dans nos groupes, les enfants s’attachent très fortement les uns aux autres, ils continuent à s’inviter à leurs anniversaires plusieurs semaines après la fin des ateliers.

Et en tant qu’adulte, comme gère-t-on les transferts affectifs, qui semblent inéluctables ?

Un enfant en deuil va investir émotionnellement le premier adulte qui lui propose de l’aide. En tant qu’adultes, nous avons donc la responsabilité de ne pas nous engager dans une relation qui crée un trop forte dépendance. On travaille beaucoup sur la réciprocité, notamment lors d’entretiens mensuels avec un psychologue.
Malgré tout, la séparation au bout des six séances est toujours compliquée, autant pour les enfants que pour les adultes qui les accompagnent. C’est pour cela que l’on prépare cette séparation dès le début, on répète beaucoup aux enfants que le chemin qu’on fait ensemble ne va durer qu’un temps. Dans le film, on voit que la séparation [Courgette finit par quitter le foyer des Fontaines] n’est pas anticipée, elle est donc douloureuse pour tout le monde. Parce qu’il faut bien comprendre qu’un enfant en deuil a un très fort sentiment d’abandon. Il se sent abandonné par le parent décédé et par celui qui reste, qui est parfois trop effondré ou trop occupé pour prendre soin de son/sens enfant(s).

On voit dans le film que Courgette est très attaché aux objets qui lui rappellent ses parents : une canette de bière pour sa mère, un cerf-volant pour son père. C’est également le cas chez les enfants que vous accompagnez ?

Lors de la première séance, on demande aux enfants de venir avec une photo du défunt, et un objet pour le présenter. Cela permet à l’enfant de ne pas seulement dire : « J’ai perdu mon père », mais de pouvoir parler du ou de la défunt(e) : « J’ai apporté un gant de moto parce que mon père aimait beaucoup faire de la moto ». Cet objet est ritualisé, il permet d’amorcer la séparation. Il faut donc éviter que cet attachement devienne obsessionnel. C’est pour ça qu’on demande aux enfants de laisser leur objet dans les locaux de l’association, dans une boîte à souvenirs qu’on leur remet à l’issue des six séances. C’est un geste fort pour les enfants de laisser l’objet, qui prouve qu’ils nous font confiance.

Le film évoque aussi l’importance du jeu (construire un bonhomme de neige par exemple), qui permet de ne pas grandir trop vite. Comment fait-on pour préserver la part d’enfance des enfants qui ont perdu un proche ?

Un deuil, c’est un sacré coup de maturité ! Surtout quand il intervient à cet âge [6-11 ans, ndlr], car c’est l’âge où se construit l’idée que la mort est irréversible, qu’elle fait partie de la vie. Les enfants plus jeunes pensent que la mort n’est pas naturelle, qu’elle est donnée par quelqu’un (donc qu’il y a un coupable), et qu’elle est contagieuse. Mais quand un décès survient, cette construction psychique est précipitée. Il faut donc éviter que la mort prenne toute la place, et pour cela il est nécessaire de lui faire une place. On incite donc l’enfant à exprimer ses émotions, à mettre des mots sur les choses, pour préserver le registre de l’enfance (la joie, le jeu, etc.).

Est-ce que les professeurs ont un rôle particulier à jouer quand un enfant traverse un deuil ?

Aujourd’hui, on estime qu’un enfant par classe a perdu un parent. Tout le monde croit que c’est très rare, alors que non ! Une des enfants qu’on a accompagnés pensait être le seul orphelin de son école. Mais il y avait 700 élèves dans son école, forcément l’un d’entre eux - au moins - devait avoir perdu un parent.
Il est donc très important que les professeurs se forment, pour mieux réagir face à ces situations. En particulier, il faudrait que les enseignants connaissent les facteurs de complication d’un deuil : relation fusionnelle ou conflictuelle avec le défunt, absence aux obsèques, fragilités psychologiques préexistantes, problèmes sociaux ou financiers, etc. On considère que 20% des deuils sont compliqués. Les professeurs devraient savoir repérer ces cas particuliers, pour pouvoir orienter les enfants vers un soutien adapté.
L’écoute est aussi primordiale, mais elle est souvent compliquée. On est désemparé face à un deuil car il réactive nos propres deuils. C’est pour ça qu’il est utile de faire des interventions dans les classes, pour toucher les élèves comme les professeurs. Le rectorat de Rouen, a mis en place sur son site Internet une bibliographie avec des ressources très intéressantes sur l’accompagnement du deuil.

Il est important également d’aborder la question du deuil avec les enfants qui ne sont pas directement concernés ?

Bien sûr, il faut parler du deuil. Le deuil est aujourd’hui tabou, et ce tabou donne naissance à de nombreuses idées reçues qui à leur tour produisent des comportements délétères. Il faudrait avoir une meilleure culture du deuil, ce qui permettrait d’avoir des clés pour s’aider et aider les autres lors de périodes de deuil.

Pensez-vous que le film de Claude Barras puisse être utilisé comme support pour parler du deuil ?

Les livres et les films sont des médias parfaitement adaptés aux enfants. Ma Vie de courgette est donc un bon moyen de parler du deuil, car il aborde de manière très subtile le sentiment d’abandon. Quand un enfant devient orphelin, le sentiment d’abandon prédomine souvent sur le sentiment de deuil.
Et puis le film est extrêmement riche. On pourrait notamment évoquer l’idéalisation du défunt à travers le personnage de Béatrice. Cette petite fille, qui habite au foyer des Fontaines, sort en courant de la maison et crie « maman ! » dès qu’elle entend une voiture arriver. Mais quand finalement sa mère vient la chercher, elle reste muette. Certes, sa mère n’est pas morte, mais le processus est le même qu’en cas de deuil : l’enfant recrée dans sa tête une personne qui n’a en fait jamais existé.

Le film est, selon vous, adapté aux enfants à partir de quel âge ?

Le film parle de situations violentes, mais les enfants se protègent d’eux-mêmes, ils en retirent ce qu’ils peuvent en retirer. Je dirais donc que Ma Vie de Courgette est adapté aux enfants à partir de 5 ans. Même s’ils ne comprennent pas tout, ils pourront ensuite interroger des adultes.

Finalement, le message du film, c’est qu’il y a toujours de l’espoir, même dans les moments les plus sombres. Vous êtes d’accord avec ce constat ?

Nous accompagnons des enfants en deuil depuis 21 ans. On peut donc témoigner que le deuil est un chemin qui se fait. Mais pour que la blessure cicatrise, il faut prendre soin de la plaie, la désinfecter, mettre un pansement. C’est là qu’un accompagnement adapté est parfois nécessaire. On aide les gens à vivre avec leur deuil, pour que la douleur s’apaise.

Propos recueillis par Philippine Le Bret

[Ma Vie de Courgette de Claude Barras. 2016. Durée : 66 mn. Distribution : Gebeka Films. Sortie le 19 octobre 2016]

Posté dans Entretiens par zama le 20.10.16 à 11:11 - Réagir

Captain Fantastic : À l’école du père

Peut-on couper ses enfants du monde pour les rendre meilleurs ? Cette question irrigue le deuxième long-métrage de l’Américain Matt Ross, Captain Fantastic, qui navigue habilement entre réflexion et humour, action et émotion, et plaira sans doute autant aux adolescents qu’à leurs parents.

Difficile en effet de ne pas s’attacher à la famille Cash, qui vie isolée dans les forêts du nord-ouest américain. L’utopie éducative construite par Ben Cash (Viggo Mortensen), le père de la famille, néo-hippie aux idées bien arrêtées, apparaît dans un premier temps comme un véritable paradis terrestre : les décors semblent tout droit sortis de nos lectures d’enfants (cabanes perchées dans les arbres, forêt luxuriante, nature nourricière) et les costumes, particulièrement loufoques, imprègnent le film d’une folie douce très communicative. Si les scènes de groupe sont nombreuses, Matt Ross parvient à caractériser chaque personnage par des traits singuliers - la plus jeune est fascinée par la mort, l’aîné angoissé par la vie adulte qui l’attend, etc - qui facilitent l’identification à l’un ou à l’autre.

Ce bonheur parfait se fissure quand la mère meurt, et pousse la famille sur la route : Ben et ses enfants quittent leur paradis pour se rendre au Nouveau Mexique, chez les grands-parents où elle sera enterrée. Ce périple donne au réalisateur l’occasion de confronter deux mondes : d’un côté les enfants Cash, extrêmement instruits mais parfaitement inadaptés à la vie en société ; de l’autre, leurs cousins, élevés de manière plus traditionnelle et obsédés par la technologie qui les entoure (smartphones, consoles, etc).

On regrettera que cette confrontation soit parfois traitée de manière si caricaturale. Ainsi les personnages des cousins semblent n’exister qu’en tant que contrepoint et faire-valoir aux enfants Cash. Les scènes qui voient Ben mettre un point d’honneur à prouver que ses enfants sont plus instruits et ouverts d’esprit que leurs cousins, sont souvent drôles, mais trop évidentes pour convaincre. Heureusement, le film développe également des notations plus subtiles, ainsi sur la privatisation de l’espace par les classes privilégiées (à travers la maison gigantesque et l’immense jardin des grands-parents, qui s’oppose à l’habitat plus modeste et intégré à la nature des Ross).

Captain Fantastic est un film particulièrement riche sur le plan pédagogique, pour les classes de Philosophie (le film évoque La République de Platon et les travaux de Noam Chomsky), d’Anglais (pour interroger l’idée de progrès) mais aussi et surtout pour les Sciences Économiques et Sociales. Le film illustre en effet parfaitement une réflexion sur le processus de socialisation, thème au programme des Secondes et des 1res ES.
Chez les enfants Cash, la transmission des normes et des valeurs se fait uniquement par le biais du père, figure toute-puissante du film. Il leur apprend à chasser, les entraîne à se battre, les abreuve de lectures, dans le but d’en faire des « philosophes-rois ». Mais cette socialisation est imparfaite, parce qu’unilatérale. L’absence de contact avec des groupes de pairs - comme cela est le cas dans les processus de socialisation plus classiques - s’avère peu à peu une souffrance pour les enfants. Celle-ci s’accentue à mesure qu’ils grandissent, et l’aîné de la famille peut affirmer qu’« à part ce qui est dans les livres, [il] ne [sait] rien de la vie ».

C’est là une autre des grandes réussites de Captain Fantastic : ne jamais masquer les limites et les impasses des méthodes d’éducation du paterfamilias. Sous les traits d’un Viggo Mortensen très crédible, Ben Cash est un personnage complexe, jamais ménagé par Matt Ross, qui illustre avec justesse l’idée que l’enfer est pavé de bonnes intentions. Jusqu’où est-on prêt à aller pour construire un monde idéal ? Notre « monde idéal » est-il aussi celui des autres ? La discussion est féconde et pourra être prolongée avec les élèves, jusqu’à, pourquoi pas, évoquer la question très actuelle du djihadisme.

On trouvera d’autant plus dommage que le film n’aille pas au bout de ses idées, et finisse sur une forme de concession. Dans la tradition des « feel-good movies », Matt Ross choisit de conclure en réconciliant les deux parties. On aurait préféré un final plus sec, probablement plus mélancolique mais forcément plus juste. Car finalement, existe-t-il vraiment une manière parfaite d’élever des enfants ?

Philippine Le Bret

Merci à Florence Aulanier, professeure de Sciences économiques et sociales, pour sa contribution à cet article 

[Captain Fantastic de Matt Ross. 2016. Durée : 1 h 58. Distribution : Mars Films. Au cinéma le 12 octobre 2016] 

 

Posté dans Dans les salles par zama le 13.10.16 à 11:33 - Réagir

L’Odyssée : le mythe Cousteau prend l’eau

Pionnier de l’océanographie, homme d’images reconnu (Le Monde du Silence, Palme d’or 1956, sera suivi d’une longue série de documentaires pour la télévision), défenseur de l’environnement, Jacques-Yves Cousteau (1910-1997) a longtemps trusté la première place du classement des personnalités préférées des Français.
À mesure qu’il s’éloignait des feux de l’actualité, on a redécouvert une figure plus contrastée que l’image d’Épinal : un homme plus intéressé par sa propre gloire que par la protection des océans, et dont la conscience écologique n'a.
Alors que Wes Anderson égratignait gentiment l’icône dans La Vie aquatique (2003) brocardant un simili-Cousteau en pleine crise, l’homme au bonnet rouge a subi récemment des charges plus virulentes. « Le Monde du Silence est à l'écologie ce que Tintin au Congo est au racisme », écrivait ainsi en 2011 le journaliste et militant anti-spéciste Camille Brunel dans un post virulent intitulé « Les Racines de l’Enfer ». Il y dénonçait les méthodes de tournage du documentaire (coraux dynamités à l’explosif, bébé cachalot déchiqueté par les hélices de la Calypso, le célèbre bateau de Cousteau, requins massacrés), exprimant son dégoût et sa honte face à ce mépris de la vie sous-marine. En juin 2015, le réalisateur Gérard Mordillat joint l’image à la parole pour dénoncer un documentaire « naïvement dégueulasse » à travers un montage commenté des pires images du film qui sera très partagé sur les réseaux sociaux.

On peut dès lors se demander si le film ne sort pas à contretemps, et si le commandant Cousteau fait encore rêver le public d’aujourd’hui. Jérôme Salle, conscient des fragilités du mythe, a l’intelligence de ne pas chercher le reconstruire. Le réalisateur choisit en effet de décaler notre regard pour mieux saisir les failles du personnage. Car le vrai héros de L’Odyssée, ce n’est pas Jacques-Yves Cousteau (interprété Lambert Wilson) ; c’est son fils aîné, Philippe (Pierre Niney). À travers la relation conflictuelle entre Philippe et son père, Salle réalise un portrait à charge du commandant : égoïste et vaniteux, le Cousteau de L’Odyssée tolère peu la contradiction et semble obsédé par ses explorations.
En témoigne l’une des premières scènes du film. Nous sommes à la fin des années 40, et la famille Cousteau vient d’acquérir une très belle propriété sur les rives de la Méditerranée. Cousteau emmène sa femme et ses enfants plonger, grâce au scaphandre qu’il a lui-même inventé. Mais l’aîné, Jean-Michel, n’en a visiblement aucune envie. Ignorant complètement les réticences de l’enfant, JYC prend le cadet par la main et plonge avec lui, laissant Jean-Michel trouver du réconfort auprès de sa mère. Ainsi est le Cousteau que nous dépeint L’Odyssée : incapable de prendre en compte les sentiments d’autrui, même lorsqu’il s’agit de sa propre famille.

Quant à sa relation avec les fonds marins, L’Odyssée en relate toute l’ambiguïté. Certes, l’objectif initial de Cousteau est louable : passionné par l’univers sous-marin, il entreprend d’explorer ce territoire encore vierge et de partager sa passion avec un large public, grâce aux documentaires qu’il réalise. Mais très vite, l’envie de découverte se transforme en volonté de conquête. Une des scènes du film fonctionne comme un pivot entre ces deux facettes de Cousteau : en mission en Afrique du Sud, le commandant ordonne à son équipage de capturer deux otaries. Pour les besoins d’un film, Cousteau gardera ces animaux à bord pendant de longs mois, sans égards pour leur souffrance.

Mais s’il ne cache pas l’avidité du commandant, L’Odyssée raconte également sa conversion écologique. Dans le dernier tiers film, Cousteau rallie la cause de son fils, Philippe, et fonde alors la Cousteau Society, entièrement dédiée au militantisme écologique. Un message assez fort, qui ne manquera pas de sensibiliser un large public à la cause environnementale en général, et à la protection des océans en particulier. Un exemple assez frappant de la mort à petit feu des océans est en effet donné dans le film. À trente ans d’intervalle, Philippe Cousteau plonge en Méditerranée. Dans la première scène, la découverte d’une grotte sous-marine a des airs de rêve tant le paysage est beau. Trente ans plus tard, la même grotte est un cimetière, les poissons et les coraux ont disparus. L’urgence de protéger les océans est ainsi parfaitement mise en images par Jérôme Salle, et défendue par Cousteau dans de nombreuses scènes de plaidoyer.

Dommage que ce portrait complexe du commandant soit largement desservi par des dialogues très faibles et des acteurs peu inspirés. Dans de nombreuses scènes, les répliques sonnent faux, empêchant le spectateur de s’identifier pleinement avec les personnages. On pense notamment à ce ridicule « Qu’est-ce qu’on attend ? », qui semble tout droit sorti d’une pub pour agence de voyages, lancé par Simone Cousteau (Audrey Tautou) à son mari au début du film ; ou encore aux scènes de confrontation entre JYC et Philippe, dans lesquelles Pierre Niney surjoue l’émotion. Ces dialogues creux témoignent sans doute du défaut de caractérisation des personnages, dont la psychologie n’est jamais creusée, et qui restent à l’état d’archétypes (le paterfamilias mégalo, l’épouse délaissée,  le fils désireux de prendre son indépendance)…

On préfèrera donc retenir un aspect bien plus intéressant du film : son travail sur la lumière. Car comme Cousteau, fasciné par la lumière si singulière des océans, Jérôme Salle et son chef-opérateur, Matias Boucard partent à la recherche de sources lumineuses inattendues : le hublot d’une maison construite sous l’eau pour éclairer la faune alentour, un trou dans la roche d’une grotte sous-marine qui donne à une scène de plongée un aspect surréel. Le réalisateur joue aussi beaucoup sur l’opposition entre ombre et lumière. Une des premières scènes entre JYC et Philippe, alors enfant, est filmée en clair-obscur, à la manière d’un tableau de maître ; lors d’une dispute entre Cousteau et sa femme, une ampoule claque dans la pièce principale de la Calypso, et l’obscurité permet aux deux personnages de retrouver brièvement leur complicité perdue. Les magnifiques lumières du film sont également liées à son inscription dans des décors naturels. L’un des plus beaux plans du film, que l’on gardera longtemps en mémoire, est celui où la Calypso, embarquée dans une mission en Antarctique, sort d’une terrible tempête pour enfin apercevoir le continent blanc. La lumière, teintée de rose et d’argent, se reflète dans l’eau et sur la glace, irradiant de partout. L’impression de paix qui se dégage de ce paysage magnifié transmet ainsi une forme d’optimiste écologique : si l’Homme choisit de renouer avec la beauté et la puissance de la nature, alors la planète et ses océans peuvent encore être sauvés du désastre.

Philippine Le Bret 

[L'Odyssée de Jérôme Salle. 2016. Durée : 122 min. Distribution : Wild Bunch Distribution. Date de sortie : le 12 octobre 2016]

NB : Des ressources pédagogiques réalisées en collaboration avec le service pédagogique de l’Aquarium tropical de la Porte Dorée (Paris) ont été mises en ligne à destination des enseignants. Portant sur des sujets transverses (l’exploration d’un monde nouveau, la conquête de la mer par l’homme, la défense des océans et l’utilisation du cinéma comme outil de sensibilisation du grand public), elles sont destinées à s’intégrer dans le cadre des EPI au collège. 

 

Posté dans Dans les salles par zama le 12.10.16 à 10:12 - Réagir

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